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EDITO

De l’obsolescence programmée du médecin

Les armements, la dette universelle et l’obsolescence programmée sont les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage,
et les usuriers sont abolis, vous vous effondriez. Aldous Huxley

Vous venez de faire l’acquisition d’un ordinateur, immédiatement il n’est pas obsolète mais dépassé par une nouvelle technologie.
Vous possédez un iPhone, et progressivement la batterie de décharge de plus en plus rapidement au fil des mois : obsolescence programmée nous dit-on.
Définition : L’obsolescence programmée est une démarche par laquelle un fabriquant de produit électro-ménager, informatique ou électronique va volontairement limiter la durée de vie de son produit de façon à favoriser le marché de renouvellement. L’obsolescence programmée peut se pratiquer en limitant volontairement la durée de vie de certaines pièces et en rendant certaines réparations impossibles ou trop onéreuses. Cela peut également se faire en rendant impossible le remplacement d’une pièce qui par nature a une durée de vie limitée ou même dans certains cas par une mise à jour logicielle de « vieux » appareils connectés.
Attendu depuis 15 ans, le dossier médical informatisé devrait voir le jour à la fin de l’année. Mais il est déjà obsolète, rattrapé et dépassé par le Big Data qui, chaque jour, met en libre accès toutes les informations santé. Une déontologie mondiale s’impose.

Pour l’être humain la vieillesse est une forme d’obsolescence programmée en quelque sorte. « Dieu a fait du corps humain une machine à obsolescence programmée, j’arrive bientôt à ma date d’expiration » Vikas Swarup
Pour le médecin c’est très différent. Nos connaissances deviennent rapidement obsolètes s’il on ne fait pas l’effort de les actualiser très régulièrement. Si on ne fait pas cet effort de formation permanente, continue, régulière en s’impliquant activement, nous devenons à notre tour candidat à l’obsolescence programmée. Dans ce contexte, il ne s’agit pas de changer une pièce mais de changer de médecin pour le patient.

Dr JP Laroche
Président ODPC MV


DPC, EPP, un devoir, une réalité aujourd’hui, un passage obligé.

En Octobre 2017, dans une interview pour le Quotidien du Médecin, le Doyen Benoît Schlemmer, qui a piloté la réforme du 3° cycle affirmait que la mise à jour des compétences doit devenir une hygiène professionnelle. Demain l’obtention d’un diplôme ne suffira plus à garantir la qualité d’un médecin. Il sera nécessaire de suivre l’évolution de l’acquisition des compétences.
Le DPC doit aussi devenir une hygiène professionnelle pour tous les médecins.
Ne pas y consacrer quelques heures par an est une faute médicale. On ne doit plus se poser la question d’une participation ou non au DPC, ce serait une regrettable erreur. Nous l’avons déjà signalé, le DPC succède à la formation initiale universitaire, il ne la remplace pas, il vous accompagne tout au long de votre exercice. Réservez la qualité de votre exercice au suivi du DPC, c’est le seul moyen par les EPP notamment de s’auto évaluer, suis-je dans les clous ? Mon exercice est-il conforme aux données actuelles des sciences ?
L’industrie pharmaceutique nous pollue avec des tas d’informations qui ne sont pas toujours compatibles avec une pratique médicale de qualité. Les experts de l’ODPC MV sont là pour rectifier le tir. Nous travaillons en toute indépendance, en essayant d’être à fois en phase avec les données médicales actuelles mais aussi en étant critique surtout vis-à-vis d’études qui font le buzz, malheureusement elles ne font que le buzz…….
Les EPP basées sur votre recrutement de patients pour une thématique donnée, donc la vraie vie sont un miroir de votre exercice. Friedrich Nietzsche affirme « C’est l’évaluation qui fait des trésors et des joyaux de toutes choses évaluées » D’un autre côté Georges Duhamel nous rappelle que « On ne peut évaluer ses compétences dans un domaine que l’on ne connaît pas ». le DPC est une façon de nous évaluer, par rapport à soi-même, par rapport aux autres car c’est souvent un travail de groupe, c’est sortir de l’isolation. Se confronter à l’autre est toujours enrichissant. On partage tout , ses incertitudes, ses certitudes, ses questions, tout simplement son exercice.
Le DPC est une hygiène professionnelle pour tous les médecins.

Jean Pierre Laroche

Pertinence des Soins

« La pertinence est « la qualité de ce qui est approprié à son objet. L’acte médical pertinent est celui qui convient au malade à un moment donné, c’est le plus adapté et le plus efficace. L’objectif final est d’améliorer l’état de santé du malade et délimiter les risques et les contraintes » R Mornex Rapport Académie Nationale de Médecine du 8/04/2013

La HAS sous l’impulsion d’Agnès Buzyn, notre ministre actuelle s’est emparée de cette thématique si importante en Médecine il y a 2 ans. L’objectif est de délivrer le « juste soin » au bon moment, au bon patient sans être NI TROP (SUR UTLILISATION), NI TROP PEU (SOUS UTILISATION). Ceci s’adresse aux actes diagnostiques, aux médicaments, aux hospitalisations et aux modes de prise en charge.

Tout ceci s’inspire du « CHOOSE WISELY » canadien autrement dit choisir avec soin, dénommé en France, pertinence des soins. Il s’agit d’élaborer des textes simples, courts et compréhensibles, destinés aux médecins aux patients, accompagné de recommandations récentes.
Dans le cadre de votre DPC, cette dialectique et manière de penser va être intégré, thématique par thématique à la Médecine Vasculaire. Ce sont les Collèges Nationaux Professionnels qui sont chargés de ce travail, et notamment le CNPMV pour ce qui nous concerne.

Le DPC lieu de formation et d’échanges, permettra progressivement à tous les participants d’évoluer vers ce mode de pensée, qui reste très « Évidence Based Médecine » mais aussi très pragmatique. La pertinence des soins interviendra aussi dans votre dialogue avec le patient comme soutien à votre argumentaire.

Voici un exemple pratique :

L’ED ne doit pas être répété à titre systématique en cas de TVP et ou TVS pour évaluer l’efficacité du traitement anticoagulant en l’absence de modification de la clinique
Rappel

  • L’ED à la recherche d’une TVP est un examen bilatéral et symétrique des 2 MI , étudiant les veines du mollet , de la cuisse et de l’abdomen.
  • L’ED est réalisé par un médecin qui a une expérience à la fois des ultrasons et de la TVP,
  • L’ED est un acte non invasif, peu coûteux, très fiable comme l’on montré toutes les études, une autre technique d’imagerie (scanner ou IRM) est donc le plus souvent inutile,
  • L’ED est l’examen référence dans le diagnostic d’une TVP ou d’une TVS , il est donc indispensable en cas de suspicion de TVP ou de TVS , il doit être réalisé le plus rapidement possible
  • Pour tout compte-rendu d’ED le diamètre antéro-postérieur des veines thrombosées est indispensable

Pertinence des soins

  • L’ED ne doit pas être répété à titre systématique, ainsi 2 ED sont nécessaires et suffisants : J0 et à l’arrêt du traitement pour fixer les séquelles de la TVP et augmenter sa performance diagnostique en cas de récidive. Un ED pratiqué entre ces 2 dates n’apporte rien, aucune étude n’a prouvé le contraire. Ceci reste vrai pour les TVS
  • Par contre l’ED est nécessaire en cas de suspicion clinique d’extension de la TVP ou de la TVS sous traitement ou en cas de CI des AC où les ED de surveillance rapprochée sont nécessaires.
  • Le suivi médical du patient qui a présenté une TVP par le Médecin Vasculaire est important notamment l’anticoagulation, le bilan étiologique.

Références

  • Goodacre S, Sampson F, Thoma S, Van Beek E, Sutton A, Systematic review and meta-analysis of the diagnostic accuracy of ultrasonography for deep vein thrombosis, BMC Med Imaging. 2005 ; 5 :6
  • Elias A, Mallard L, Elias M, Alquier C, Guidolin F, Gauthier B, Viard A, Mahouin P, Vinel A, Boccalon H. A single complete ultrasound investigation of the venous network for the diagnostic management of patients with a clinically suspected first episode of deep venous thrombosis of the lower limbs. Thromb Haemost. 2003 Feb ;89(2):221-7.
  • Bates SM, Jaeschke R, Stevens SM, Goodacre S, Wells PS, Stevenson MD, Kearon C, Schunemann HJ, Crowther M, Pauker SG, Makdissi R, Guyatt GH ; American College of Chest Physicians.. Diagnosis of DVT : Antithrombotic Therapy and Prevention of Thrombosis, 9th ed : American College of Chest Physicians Evidence-Based Clinical Practice Guidelines. Chest. 2012 Feb ;141(2 Suppl):e351S-418S.
  • Quenet S, Laroche JP, Bertoletti L, Quéré I, Décousus H, Becker F, Leizorovicz A. Value of a planned compression ultrasonography after an isolated superficial vein thrombosis : results from a prospective multicentre study. Eur J Vasc Endovasc Surg. 2012 Feb ;43(2):233-7.

Ce n’est pas une recommandation, mais ce texte tient compte des recommandations.
Nos pratiques doivent évoluer lentement, en se posant toujours la même question : le bon examen, le bon traitement au bon moment pour le bon patient…..

Jean Pierre Laroche


Vous avez dit OBLIGATION TRIENNALE ?

“Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens.Tu m’impliques, j’apprends.” Benjamin Franklin

C’est ainsi que la LOI a résolu notre formation médicale connue, 1 DPC tous les 3 ans et au revoir. Une absurdité quand on connaît le développement « supersonique » des médicaments, des techniques d’investigations, des scores, des arbres décisionnels etc. Comment peux-t-on une fois tous les 3 ans connaître et comprendre l’innovation médicale ? C’est tout simplement impossible. Le code de déontologie (article 11) est pourtant clair sur ce sujet : « tout médecin entretient et perfectionne ses connaissances dans le respect de son obligation de développement professionnel continue. »

Il faut donc aller au-delà de la Loi, il faut dépasser le message de l’obligation de DPC.
Toutes les professions ont recours à la formation continue, c’est un devoir à la fois intellectuel et éthique.
Sachez qu’il faut 5 ans pour changer les habitudes d’un médecin face à la nouveauté.
Il y a par an plus de 700 000 publications scientifiques en médecine, 10 000 sont intéressantes, et 1000 sont nécessaires à analyser. Les recommandations et autres consensus et guidelines se télescopent, se marchent sur les pieds, les scores se multiplient. Tout ceci jette de la confusion et il est difficile de faire la part de l’essentiel et du superflu.

La vocation d’un organisme de DPC comme l’ODPC MV n’est pas de se substituer à l’Université mais d’entretenir et perfectionner vos connaissances à partir de votre expérience (Évaluation des Pratiques Professionnelles - EPP) avec des messages applicables à la vraie vie, des messages lisibles et compréhensibles. Le catalogue présenté par l’ODPC MV avec de multiples moyens d’expression et d’organisation a l’ambition de vous accompagner dans votre métier. Faire le constat à travers son expérience personnelle d’une inadéquation dans l’exercice de son métier avec les données actuelles est le plus sûr moyen d’avancer et de se corriger.
Bien entendu, les revues scientifiques, les congrès sont eux aussi impliqués dans cette démarche mais c’est une démarche passive.

IL faut que chacun se prenne par la main pour évoluer, démarche personnelle, démarche volontaire à décider entre vous et vous. L’obligation telle qu’elle est organisée aujourd’hui est totalement obsolète de fait.

Attention aux associations de DPC qui font de cette formation « obligatoire » un véritable buisines.

Alors où allez trouver les informations sur votre DPC, sur le site de l’ODPC MV : http://www.odpc-mv.fr, enregistre vous, demandez un code d’accès, c’est gratuit.

La parcours DPC en Médecine Vasculaire (ou Portfolio), car il s’agit d’un parcours et non d’une action unique, le parcours sous-entend une participation régulière à différentes manifestations, il est en ligne sur le site.
La spécialité arrive, vous allez solliciter votre qualification, votre parcours DPC est un des éléments de la qualification mais c’est surtout demain que votre parcours de DPC prendra probablement une grande importance notamment dans le cadre d’une re certification probable.
Aujoud’hui ce n’est pas d’actualité mais il faut toujours anticiper.
Alors n’hésitez plus, le DPC est réalisable simplement, il colle à la réalité de votre exercice pour l’améliorer.
Les experts qui interviennent sont tous conscients et en phase avec la vraie vie, ils délivrent des messages applicables immédiatement dans votre exercice et non des analyses de méta analyses trop éloignées de notre exercice. Ce ne sont jamais des messages simplistes, ce sont des messages de qualité qui répondent à vos souhaits, ce sont des messages compréhensibles. Les discussions avec les experts directement ou à travers un forum renforcent les messages et leur compréhension .
Alors « obligation triennale ? », la réponse est sans ambiguïté : NON. Notre « obligation de formation » est permanente, elle est nécessaire, elle est indispensable. Ce sont vos patients qui en bénéficieront, le patient doit rester au centre de nos préoccupations.

Jean Pierre Laroche

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